C’est un article compliqué à écrire, mais qui, je pense, mérite d’être lu. L’idée était là depuis le début de mon départ professionnel, mais j’ai repoussé l’écriture…je sais qu’au fond de moi il est important que je le fasse. Partir d’une entreprise c’est un peu comme une rupture sentimentale, il est souvent bon de mettre des mots dessus. Cet article parle d’une expérience professionnelle qui a duré presque deux ans – je ne citerai aucun nom, libre à vous d’imaginer le cadre de cette histoire (même si pour certaines cela sera évident).

Au tout début cela devait être une super expérience avec un avenir prometteur et j’aurais pu être ce que je n’aurais jamais imaginer devenir : Responsable de la Communication d’un réseau de boutiques tout neuf, mais ça c’était avant qu’on me jette des bâtons dans les roues et que je ne déchante de ce “miroir aux alouettes”. Je suis sûrement un peu naïve, mais je suis une personne sérieuse qui aime travailler, me donner à fond et qui fait toujours bien son travail ; je le précise car parfois on a pu, au sein de cette expérience, remettre ces quelques qualités en doute. Après tout, j’avais ce travail plus mon activité de blogueuse que je considère comme une entreprise à part entière, donc je pense être une personne qui aime bosser, oui car être auto-entrepreneur c’est du boulot, même si c’est un blog ! Bref.

J’ai longtemps cherché comment tout ce qui se passait si bien au début a pu aussi vite se casser la gueule…enfin quand je dis longtemps, je veux dire que je n’ai peut être pas osé m’avouer la vérité en me disant qu’on m’avait vendu du rêve pour me motiver un temps ou peut-être même que l’on m’ait menti sciemment ! Ou alors on me disait bien la vérité et on avait bel et bien confiance en moi, mais les avis, les modes, les influences internes ont changé entre temps, par des discours à droite a gauche, tôt le matin ou tard le soir… Il faut savoir que dans ce management qui se veut (voulait, ça a déjà changé) moderne, on se doit de passer ses soirées ensemble, au bar avec les patrons, après le travail, pour grappiller les promotions…

Au tout début de cette expérience j’ai presque touché du doigt un statut qui me faisait rêver et c’était génial j’ai même été soutenue par quelques personnes de cet entourage professionnel. J’avais tellement d’idées, de motivation, j’aurais pu tout donner et c’est ce que j’ai un peu fait à ce moment-là quitte même à impliquer ma vie privée… Je précise que s’investir dans son boulot autant me semble normal, je l’ai fait dans toutes mes expériences professionnelles (et dans des plus grands groupes…) et cela a payé à chaque fois (sauf dans ce cas précis évidemment) et j’ai tout a fait conscience que l’investissement, le don de soi paye surtout dans le commerce, en 14 ans d’expérience c’est quelque chose qu’on apprend et on apprend aussi que toute mauvaise stratégie à un revers 😉 Faire le taf de Responsable Communication en ayant un Bac pro vente et pas un diplôme d’école de commerce sur-côté, ça me faisait rêver, je ne vais pas vous mentir. Ça m’a peut-être aussi embrumé la lucidité…

Environ un an plus tard, j’ai commencé à comprendre que ce que je visais n’arriverai jamais, non pas par des compétences qui n’étaient pas au niveau, mais parce qu’il ne le fallait pas, pourquoi pas… Le siège “monde” lui-meme se servait de mon travail et m’encourageait. La classe pour la petite poitevine qui n’était là que par la force de son travail. J’étais fière de mon bon travail. Je crois que je le suis toujours. Bref. Au tout début du lancement d’une entreprise on envisage des objectifs, on fait des promesses qu’on ne peut parfois pas atteindre ou tenir ; et changer d’objectifs en cours de route, j’aurais pu le devancer, le prévoir, et m’adapter avec le sourire si je n’avais pas été laissée sur le carreau….j’ai été retiré de cette mission de communication qui me faisait rêver pour une autre que j’aimais beaucoup aussi (mais pour laquelle j’étais plus que qualifiée), mais sans aucune reconnaissance financière, comme “bouche trou” et sans considération ou alors juste un petit peu, mais juste ce qu’il faut pour ne pas que je me sente trop estimée… étrange.  Pendant ce temps-là, j’ai continué à être motivée parce que si je venais tous les matins, il n’était pas question de rester à ne rien faire ou le faire mal et en me disant que ça pouvait peut-être encore payer… Je suis un peu d’une autre époque où l’on travaille par devoir. Mais les relations humaines ont pris une tournure différente, les stratégies mises en place entre collègues m’échappaient, me dépassaient, m’hallucinaient… En même temps je n’ai jamais voulu y participer en croyant que seule l’expérience pouvait payer (comme quoi, c’est pas le cas partout) et j’ai commencé à réaliser que l’image professionnelle et personnelle qu’on avait de moi était totalement négative et fausse.

Premièrement, mon statut de blogueuse n’a pas joué en ma faveur. Je pense qu’il m’a été bénéfique au tout début, quand on m’a engagée devant une tasse de café au LU. Est-ce-qu’on m’a engagée pour mes abonnés ? Parfois je pense que oui, surtout quand je prends du recul sur cette expérience et en constatant que tout s’est dégradé pour moi quand j’ai dit que je ne mêlerai plus mes contacts et mes compétences de blogueuse pour une entreprise qui ne m’estimait pas à juste titre (personnelle et financière, j’aime ce que je fais, mais restons honnête, on vise tous une sérénité financière) c’est que j’ai beaucoup souffert de cette image négative que l’on avait de moi, on ne m’imaginait même pas capable de pouvoir porter plus de 10 cartons…Pourquoi ? Parce-que j’ai pas assez de force ? Parce-qu’on avait peur que je me salisse et que la blogueuse n’aurait pas pu le supporter ? Ou parce-qu’il ne fallait pas montrer que j’aurais pu être efficace à pas mal d’autres postes ? L’idée qu’on avait de moi était tellement fausse que j’en ai beaucoup souffert, souffert à ne pas en dormir certaines nuits, si bien que j’ai pris beaucoup de recul avec mes collègues…si vous avez suivi mes aventures sur Instagram vous aviez sans doute remarqué qu’une relation de proximité s’était instillée entre nous, mais l’amitié n’a jamais trouvé de place. Je suis naïve, mais les stratégies grossières des uns et des autres pour devenir Directeur ou pour prendre la place de Directeur étaient trop flagrantes.

Pour eux j’étais la fille futile. On avait totalement occulté que j’avais dirigé une boutique, des équipes, et que je n’étais là que pour la Communication et que je ne voulais pas entrer dans leur jeu de pouvoir. Je n’ai jamais pris le temps de leur expliquer mon emploi du temps entre mes deux activités, mais on me posait assez de questions sur ce sujet et naïvement j’estimais qu’ils comprenaient que j’étais quelqu’un qui bossait (bosse, ça marche toujours 😉 ) tout le temps. Aujourd’hui je crois qu’ils rêvaient en assimilant collaboration à cadeau et blog à journal intime… Attention de je ne demandais pas à ce qu’on m’applaudisse dès que j’entrais dans une pièce, mais il aurait juste fallu quelques phrases d’encouragement, de confiance, de bienveillance et de reconnaissance pour que cet article n’existe pas, car j’y serai sûrement encore ! Mais voulait-on encore de moi ?

J’ai toujours eu l’impression de ne pas avoir assez d’espace pour m’exprimer, j’en ai souvent discuté avec ma hiérarchie.  Une personne a été consciente de mon mal être et de mon incompréhension, mais elle avait son propre poste à découvrir et n’a pas trouvé de solution pour m’aider. Peut-être qu’un jour cette personne se dira que j’avais raison, et que finalement j’avais tout en mains pour l’aider et la soutenir, mais qu’il fallait juste un peu m’aider à un moment précis ou peut être que ça restera tel quel.. de toute façon ça ne me regarde plus ! Ouf !

Je ne vous cache pas que quand ma première mission de communication fut abandonnée j’étais très vexée, car je m’étais fixée un bel espoir et que j’étais la seule dans cette équipe à ne voir aucune promesse se réaliser. Pourtant ma mission s’est évanouie et je l’ai appris par une simple collègue, une qui restait le soir à discuter, peut-être ne fallait-il pas vexer la blogueuse ?  Pourtant, à aucun moment je n’ai abandonné, je suis une personne qui râle par honnêteté, je le dis car je sais que ça agaçait beaucoup, je pense qu’à une période je me suis retrouvée le porte parole de la négativité de cette entreprise sans le vouloir alors que tout le monde y allait de son petit discours…dans son petit coin, mais toujours face à moi, pour que j’en sois la voix haute à leurs places… stratégie VS naïveté…Jusqu’a présent deux personnes en ont payé le prix fort, je suis l’une de ces personnes vous l’avez compris…Je ne suis pas la dernière.

Bien évidement, je ne cherche pas à régler des comptes via cet article (sinon je donnerais les noms et je dirais tout ce que je sais…) mais c’est la première fois que j’en souffre autant. J’ai mis fin à cette expérience il y a deux mois, depuis je relativise, mais je suis encore un peu marquée et j’avais vraiment besoin de le sortir et j’ai la chance d’avoir un blog alors pourquoi ne pas m’exprimer ici ?! Surtout que vous êtes encore tellement nombreuses à me poser des questions sur cette aventure…je ne dis pas que je n’ai pas mes torts dans cette affaire, j’aurais du m’ouvrir un peu plus mais en même temps sur un lieu de travail, on bosse non ? J’ai dû mal à faire semblant, faire croire que l’on est plus que des collègues, des patrons/employés…j’ai des amis, pas besoin de passer toutes mes soirées et week-end avec des collèges que je n’ai pas choisis !  Et puis moi, j’avais aussi souvent hate de rentrer chez moi, vous savez l’hiver quand il fait nuit et que vous sortez de la folie furieuse d’une boutique dont le coeur bat la chamade un samedi de décembre à 20h par exemple, et bien j’avais hâte de retrouver mon compagnon et commencer ma deuxième journée sur le blog et sur Instagram, avec vous… alors boire des coups avec des collègues pour gratter un sourire des patrons… bof.

Je suis un dommage collatéral précipité d’une personne qui se perd dans ses stratégies, qui s’amuse de la naïveté de cette entreprise… dommage je l’aimais plutôt bien à un moment… et j’ai beaucoup de mal à le comprendre et à l’admettre parce que je l’ai vu venir… surtout que là encore je vais parler expérience, mais seule l’expérience fini par payer et de tout ce que j’ai vu pendant ces 14 ans je suis sûre que cela n’aboutira à rien… Je suis partie et j’ai l’impression que l’on m’a poussée dans le dos. Est-ce-que tout aurait différent si je n’avais pas mon statut de blogueuse ? Je pense que oui, mais je ne sais pas l’expliquer, je ne sais pas si ce sont les partenariats, les invitations, les rémunérations qui agaçaient. Je passais pour une idiote. Je passais pour une collabo du système. On s’est mépris sur moi au point de me mépriser. Fallait-il ne pas être être blogueuse pour grandir dans cette boite ? J’étais une menace qui ne ne menaçait personne. Mon “influence” agaçait et mon expérience étaient une ombre qui effrayait peut-être aussi… tout s’est éclairé quand un membre de la hiérarchie m’a avoué n’avoir vu de mon CV que l’intérêt de mon compte Instagram… J’avais déjà mis fin à mon contrat, mais le voile était levé.

Ces dernières semaines, je ne savais pas si je devais indiquer mon statut de blogueuse quand je postulais à des offres d’emploi, car j’avais peur que cela donne une image négative et/ou futile. Il est vrai qu’une fois sur le terrain c’est l’expérience qui parle, mais est-ce-que ça n’allait pas en bloquer certains pour ne pas du tout me recevoir en entretien ? J’ai fait des entretiens, mais j’étais encore sur la méfiance de mon expérience toute fraiche… Je me suis reprise en mains et j’ai décidé de choisir intelligemment, de laisser le temps, de penser au blog quelques mois (même si je pense pouvoir en vivre, je suis incapable de ne faire que ça…c’est comme ça je suis hyperactive et je n’ai pas d’enfant) et de sélectionner vraiment des projets pro qui me plaisaient pour y faire la carrière que je mérite, toujours avec cette peur de parler blog, ou de ne pas en parler et d’occulter une partie importante de ma vie. Je ne sais pas…je suis pourtant fière de ce que j’ai fait ici mer*e ! J’essaye de tourner la page pour mon bien-être et celui de mon entourage, car ça été dur pour eux de me voir aussi mal.

Aujourd’hui, j’ai trouvé un projet qui me plait, que je commence bientôt, avec un environnement de travail beaucoup plus saint me semble-t-il. J’ai vraiment l’impression d’avoir été prise pour mes compétences, pour mon vécu…et pas pour être la Nicolas Hulot de service ! 😉

Merci à toutes pour vos mots, en privé, par mail, de vive voix ; avec vous je me sens pousser des ailes. Aujourd’hui vous savez.